AISNE ACTU / Le président André Godart est décédé
Les obsèques ont lieu lundi, à 15 heures.
A lire dans le journal du jeudi 31 juillet
L'homme du dialogue politique décède à l'âge de 100 ans
Le président André Godart, grande figure politique
du département, s’est éteint aujourd'hui, à Laon.
À la tête de la mairie de Faucoucourt, il a siégé à
l’assemblée départementale pendant 32 ans.
Ses obsèques ont lieu lundi, en la Cathédrale
de Laon, à 15 heures.
Plus d'infos dans l'Aisne Nouvelle de demain.
André Godart fut président du conseil général de 1979 à 1985.
André Godart n'est plus. La nouvelle s'est répandue en quelques minutes, hier, en tout début d'après-midi, après que son épouse, Christiane, l'ait annoncée à son entourage et notamment à
plusieurs représentants du conseil général, instance que son époux avait présidée de 1979 à 1985.
Avec son physique qui en imposait, son humour et une générosité naturelle, il restera, pour beaucoup, un homme simple, à l'écoute de ses administrés (il fut le maire de Faucoucourt pendant 50
ans) comme des habitants de l'Aisne dans leur grande diversité, y compris politique.
André Godart avait 87 ans lorsqu'il mit un terme à sa vie d'élu. Un retrait qui ne l'empêchait pas de conserver des liens privilégiés et particulièrement forts avec ses anciens « collègues »
qui, a chacun de ses anniversaires, lui rendaient une visite à la fois courtoise et teintée d'un profond respect.
C'est dans cette même ambiance que le 24 janvier dernier il avait soufflé ses cent bougies. Il était alors hospitalisé à la résidence Les Tuileries (V120), à Laon, après une fracture du col du
fémur.
Consensus
Né le 24 janvier 1908 à Dammard, dans le canton de Neuilly-Saint-Front, il avait suivi l'exemple de ses parents en embrassant, en 1933, la profession d'agriculteur. Il devrait l'exercer durant
43 années.
Prisonnier durant la Deuxième Guerre mondiale, il se disait à jamais marqué par cette expérience, à tel point que, très souvent, il rappelait à ses interlocuteurs avoir été désigné, à bulletins
secrets, par ses compagnons de captivité pour les représenter auprès des Allemands. Ce fut, selon lui, « sa plus belle fierté électorale ».
Pourtant, les urnes l'ont souvent consacré dans les années et les décennies qui suivirent. Son secret : ne rien dire de tout ce qui le dépassait et se remettre à son bon sens paysan lorsqu'il
s'agissait de prendre une décision importante. La seule façon, à ses yeux, d'atteindre le consensus et de réunir un maximum d'élus et de décideurs autour de ses convictions.
Enfin, au-delà de toutes les qualités humaines qui lui auront permis de s'imposer dans les arcanes politiques départementales et régionales, ses proches retiendront aussi son engagement,
jusqu'au bout, pour la cause publique.
Ainsi, même après son retrait de la scène électorale, il n'avait de cesse de recevoir des personnes à son domicile, costume et cravate de rigueur. Une coquetterie qui allait de pair avec cette
bonhomie et cette joie de vivre qui l'ont toujours accompagné.
Quant à la mort, André Godart affirmait ne pas la redouter. En 2002, le jour de ses 94 ans, il nous confiait : « Je n'ai pas peur de mourir. Je voudrais simplement que cela vienne subitement.
De toute façon, c'est lui qui commande, là-haut… »
Nicolas Fostier
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René Dosière : « C'était un très brave homme »
Pour le député de l'Aisne René Dosière, André Godart privilégiait les relations humaines. Il était très loin des idéologies, qu'elles soient de gauche ou de droite et se situait donc en marge
de la politique partisane. On pouvait d'ailleurs le trouver assez atypique de ce point de vue.
Il fut donc à sa place lorsqu'il fallut gérer le département au moment où il n'y avait pas de majorité.
Enfin, c'était un homme qui avait conscience de ses limites, qui ne se prenait pas pour un intellectuel. Si je n'avais qu'un seul terme pour le résumer, ce serait celui de « très brave homme ».
Article paru le : 31 juillet 2008