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Carmen Lefevre présidente de l’Association Laonnoise Les Chicanettes (aide alimentaire
Jouets de Noël : une distribution en fanfare
C'est la troisième année que la batterie fanfare de Laon proposait une soirée à l'auditorium du conservatoire avec : « Ramener un jouet pour entrer ».
Comme l'année dernière, les jouets iront aux enfants des chicanettes : « Pour émerveiller les yeux des enfants à Noël », déclare Carole Renard.
En première partie de concert, la batterie fanfare a fait merveille. Sur scène, avec leurs tambours, les trois plus jeunes musiciens de la batterie. Vinrent ensuite, l'interprétation d'un titre
évocateur : « Miroirs de rêve » puis un « Puerta del sol » très applaudi. Un joyeux « Love in seventies » fut également donné en hommage aux chicanettes et à ses bénévoles.
En seconde partie, l'orchestre d'harmonie de Noyon a offert au public un véritable festin musical : « Celtic flûtes » avec ses deux excellents solistes, un « Tom Sawyer suite » qui délivrait
toutes les couleurs musicales de l'orchestre, à la fois dynamiques et enjouées, mélodiques et pathétiques, mais aussi joyeux.
De bons moments musicaux qui seront prolongés par le sourire des enfants
Une action menée par la batterie-fanfare a permis de collecter des jouets neufs. Le nombre des bénéficiaires de colis de Noël ne décroit pas. Et celui des enfants privés de jouets ? Les
Chicanettes ont organisé une distribution grâce au soutien de la batterie-fanfare.
L'ANNÉE laisse filer ses derniers jours et dans un sous-sol du quartier Champagne, l'équipe des Chicanettes rassemble son énergie pour servir encore les plus démunis.
Pas de trêve ici.
S'il fallait convaincre, Carmen Lefèvre n'aurait aucune peine à dresser pour les curieux la liste des produits reçus des hypermarchés et le poids total des denrées distribuées.
C'est allé crescendo depuis septembre.
« Environ 80 colis en moyenne le jeudi. Nous en sommes aujourd'hui à un peu plus de 100 », témoigne la présidente des Chicanettes.
En novembre par exemple, 2, 19 tonnes de produits ont été retirés des rayons pour être remis aux hôtes des Chicanettes.
Avec Noël, il est d'autres besoins que les familles ne peuvent satisfaire.
Là encore, l'association du quartier Champagne pallie bien des carences…
Le bureau de Carmen Lefèvre a pris depuis quelques jours des airs de caverne d'Ali Baba. Des petits sacs de chocolats s'amoncellent sur les tables.
Deux ans
Des flopées de jouets s'entassent sur d'autres. « La batterie-fanfare a proposé un concert vendredi dernier à l'auditorium. Les gens qui voulaient venir devaient déposer un jouet acheté pour
l'occasion. C'est tout cela que Mme Renard, la chef d'orchestre nous a remis. Tout est neuf. Cela va aller aux enfants », signale Carmen Lefèvre.
Les 180 personnes qui ont assisté à la prestation des musiciens laonnois ont contribué pour la deuxième année consécutive à cette action menée de concert avec les Chicanettes. « Des anonymes
sont venus se joindre à ce mouvement qui va nous permettre de gâter des familles qu'on ne voit parfois jamais ici ».
Carmen Lefèvre ne sait pas encore si la batterie fanfare poursuivra ce partenariat l'année prochaine mais elle l'espère secrètement. D'ici là, le flot des personnes en demande de colis n'aura
pas cessé.
Alors que c'est l'inverse ici que tout le monde souhaite…
Ces hypers qui ont du coeur
Les supermarchés donnent-ils aux associations caritatives les denrées qui arrivent à leur date de péremption ? Petit tour dans les grands magasins de la ville.
PHOTO : Les Chicanettes bénéficient des denrées de plusieurs supermarchés. Les supermarchés donnent-ils aux associations caritatives les denrées qui arrivent à leur date de péremption ? Petit
tour dans les grands magasins de la ville.
QUE font les supermarchés avec les invendus de produits frais ? La loi les oblige à les détruire dès que la date de péremption est atteinte ou dépassée. Mais certains d'entre eux retirent les
produits des rayons plusieurs jours avant la date limite. Et dans ce cas, il est possible de les mettre à la disposition des associations qui fournissent une aide alimentaire aux personnes
démunies.
Chez Champion, dans le quartier Champagne, on privilégie la proximité.
« Depuis le début novembre, nous avons un contrat avec les Chicanettes » précise le directeur du supermarché. « Nous donnons à cette association les produits qui arrivent à la date de
péremption comme les yaourts, la charcuterie, le libre-service emballé… » précise encore Karim Ticembal. Ce dernier estime à environ 700 euros la marchandise mise ainsi à la disposition des
Chicanettes chaque mois. « Deux jours par semaine, les Chicanettes viennent chercher les aliments que nous mettons à disposition, dans des frigos isolés ». L'autre enseigne « Champion », rue
Fernand-Christ, dans le quartier de La Neuville, aide également les Chicanettes.
Des palettes de textiles
Chez Carrefour aussi, des marchandises sont données chaque semaine à plusieurs associations comme la Banque alimentaire, les Chicanettes, et occasionnellement les Restos du Cœur.
« Nous donnons surtout de l'alimentation, comme les fruits et légumes, les produits laitiers. Nous avons une charte par laquelle nous nous sommes engagés à anticiper de quatre ou cinq
jours le retrait des produits. Nous avons signé des accords avec les associations. Tout cela est bien encadré. Nous avons un cahier des charges. En ce qui concerne la boucherie, ce n'est pas
possible. C'est interdit. » ajoute Franck Gasser, le directeur du magasin laonnois. « Les associations passent une fois par semaine. Nous mettons les marchandises de côté à leur intention ». La
quantité est loin d'être négligeable.
Le directeur de Carrefour estime que sur un mois, cinq tonnes de marchandises alimentaires peuvent être ainsi distribuées.
« Il arrive aussi que nous fassions d'autres dons. Récemment nous avons offert un lot important de textiles, des sorties de collections, des stocks, des couvertures, du blanc ». Une dizaine de
palettes de textiles ont ainsi récemment bénéficié aux associations.
Du côté d'Intermarché, qui a changé de patron il y a trois mois, les produits périssables sont retirés plus tardivement. Et il est donc plus difficile de les redistribuer avant la date, selon
le nouveau directeur du supermarché. Enfin, en ce qui concerne le magasin Leclerc, son directeur n'a pas souhaité communiquer sur cette question.
M.-C.L.
Chez les Chicanettes pas question de fermer !
Une ambiance familiale règne dans les locaux de l’association. Aux Chicanettes, il n’y a pas de saison ni de vacances. Le jeudi et le samedi, été comme hiver, Carmen Lefèvre et la dizaine de
bénévoles qui l’entourent distribuent des denrées alimentaires aux personnes en difficulté.
DANS le petit couloir du local de la rue Blaise-Pascal, dans le quartier Champagne, une dizaine de personnes attendent leur tour ce samedi matin.
Il y a des adultes, des enfants et même un bébé. Les petits sourient dès qu’ils aperçoivent la présidente.
Ils savent que Carmen va leur donner des bonbons ou un gâteau. L’ambiance est familiale, plutôt gaie. Le café est offert pour faire patienter. Les rires fusent. On ne s’ennuie pas chez les
Chicanettes.
Cette association va bientôt fêter ses quinze ans. Et les bénévoles affichent toujours la même détermination, la même générosité, malgré les difficultés. Tout le monde met la main à la
pâte.
Il faut décharger les camions, ranger les cageots, trier les denrées périssables que deux supermarchés de la ville mettent à disposition des Chicanettes deux fois par semaine. Cela permet aux
bénéficiaires d’avoir des fruits, légumes, et produits laitiers frais. Samedi, par exemple, il y avait des melons, du raisin, des pêches, du pain, des yaourts et du fromage. Avec les aliments
fournis par la Banque alimentaire, ces denrées permettent de donner à manger à environ 600 personnes par mois.
Une participation pour les colis
« Nous avons un peu moins de monde l’été, à peu près 85 familles au mois de juillet et autant en août » précise Carmen Lefebvre. Les colis du samedi sont gratuits.
Mais le jeudi, il faut débourser 7 euros, chaque colis contenant des denrées pour un nombre de personnes allant de une à dix, en fonction des familles.
Les
Chicanettes sont obligées de demander cette participation pour payer des charges élevées, frais d’électricité, de téléphone, et aussi pour acheter les produits à la Banque alimentaire de
Saint-Quentin. Mais il est vrai que les colis sont copieux et contiennent toutes sortes de produits, parfois payés au prix fort.
Les familles qui viennent régulièrement se fournir trouvent aussi les conseils et l’aide dont elles ont parfois besoin. « On vient me voir quand on a besoin de quelque chose. Nous travaillons
avec les éducateurs de rue, avec le point prévention » indique encore la présidente. Cela explique aussi sans doute pourquoi les bénéficiaires viennent parfois d’assez loin, Marle, Voyenne,
Erlon, Montcornet, Coucy ou même Belleu, près de Soissons.
M.-C.L.
Article publié sur le site du quotidien régional l'union Champagne-Ardenne Picardie
10, Rue Blaise Pascal
02000 Laon
03 23 79 38 82