Une quinzaine de retraités de la résidence ARFO de Croix-Rouge a testé les machines à voter électroniques. L'occasion de rassurer ces personnes de 65 à plus de 90 ans, souvent effrayées par l'informatique.
VENDREDI dernier, 14 h 30, résidence ARFO (Association Rémoise de FOyers logements pour retraités), quartier Croix-Rouge : une quinzaine de pensionnaires de la maison de retraite est réunie pour une après-midi civique. Ils sont invités à tester les machines à voter électroniques.
Tous assis en cercle, ces retraités de 65 à plus de 90 ans écoutent attentivement les conseils pratiques prodigués par une personne de la mairie : « On vous remet une carte magnétique, vous l'insérez dans la machine, vous faites votre choix en appuyant sur l'écran, puis vous rendez la carte ».
Séance de questions-réponses improvisée pour des pensionnaires inquiets : « Et si on rencontre des difficultés le jour du vote, que doit-on faire ? ». Réponse : « En cas de problème, vous ressortez avec votre carte et vous pourrez vous faire assister. Appuyer sur le bouton vert, c'est comme mettre son bulletin dans l'urne.
Après les explications place à la pratique
Tant que vous ne l'avez pas fait, vous pouvez modifier votre vote. D'autre part, si vous êtes malvoyants, n'hésitez pas à le dire à votre arrivée, on vous remettra un casque ». Une possibilité qui rassure Lucien, 94 ans et malvoyant.
Les retraités sont contents d'avoir toutes ces précisions, car si certains avaient entendu parler du principe à la télé, « c'est beaucoup mieux en vrai », confient-ils. Après la théorie, la pratique.
L'heure est venue de voter, enfin presque. Il ne s'agit pas de choisir un candidat à la présidentielle, mais l'embellissement floral du centre-ville. Et il n'y a pas d'isoloir. Un carton est utilisé pour recréer les conditions réelles. Mais surtout pour faire un peu d'ombre et rendre l'écran plus visible.
Geneviève est la première à se lancer. La directrice de la maison de retraite, deux personnes de la mairie et la conseillère municipale déléguée aux personnes âgées ne sont pas bien loin : « Appuyez un petit peu plus longtemps sur l'écran pour que ça fonctionne ».
Pendant que certains testent les deux machines présentes dans la salle, les conversations vont bon train. Mais Geneviève rappelle à l'ordre ses camarades, avec humour : « Silence, j'ai besoin de concentration ». Verdict ? « J'appréhendais, mais ce n'est pas très difficile. »
Un avis que partagent la plupart des retraités qui se succèdent aux machines, même s'ils auraient aimé que le vote électronique ne leur soit pas imposé. Cet excès de technologie n'est pas du goût de Françoise, 66 ans, qui a décidé de ne pas voter lors des élections présidentielles.
Des retraités rassurés
A l'initiative de la démonstration : la directrice de la résidence. Elle a voulu rassurer les retraités. « Car pour eux, le vote est un moment très important et ne doit pas être gâché par des problèmes techniques. » C'est pourquoi une bonne partie des 60 pensionnaires a répondu présent. Même Charlotte, 91 ans, qui n'aime pas sortir, a souhaité assister à la présentation.
Alors, les machines ont-elles conquis nos pensionnaires ? Avis général : « On préférait quand même mettre un bulletin dans l'urne ! »
Toutes les résidences peuvent demander à la mairie d'initier leurs retraités aux machines. Mais vite, car le premier tour des élections, c'est dans deux semaines !
Brigitte Servas
